Hommage à Vincent Gernay, administrateur de l’UPMC, professionnel de la communication et Ami.
« Les Hautes Tours ». La nouvelle de ton décès inopiné nous bouleverse tous : tu n’étais pas qu’un professionnel de la communication, un confrère, un collègue, un hockeyeur, un musicien mais surtout un ami.
Difficile de se résoudre à parler de toi à l’imparfait tant ta présence était forte… Vincent la force, le costaud, la carrure, l’envergure, la puissance… ces mots te conviennent si bien ! Que ce soit dans ton métier ou dans ta vie, tu étais, Vincent, une grosse pointure, une haute tour. Nous avons travaillé ensemble pendant près de vingt ans et nous sommes devenus amis. Au-delà de ton professionnalisme et de tes compétences, unanimement reconnus, ce sont tes qualités qui m’ont fait t’aimer. Car tu n’étais pas seulement un travailleur efficace, un analyste consciencieux, un organisateur méthodique et un concepteur imaginatif… Tu étais lucide, honnête, juste et objectif, sans complaisance ni concession. Tu avais un sens critique aigu, pour les autres comme pour toi-même, signe d’une grande intelligence, et tu aimais manier la dérision avec finesse et drôlerie. Tu étais à la fois diplomate et direct : tolérant et ouvert mais capable d’imposer avec fermeté tes convictions quand tu savais qu’elles étaient justes. Tu étais bel orateur et jonglais avec les mots, mais tu savais te taire au bon moment, pour observer et écouter les autres. Même quand tu te taisais, tes yeux parlaient ! On y percevait toute ta stratégie. Une communication stratégique, sans machiavélisme mais avec l’habileté et la prudence d’un homme public. Discret, gris et éminent, sachant rester dans l’ombre mais sans complaisance ni concession… Une haute tour. Dominant le paysage de la communication, avec sérénité, détachement et pourtant passionnément. Dommage, vraiment, que les communicateurs de demain ne puissent plus bénéficier de ton expérience et de tes enseignements…
Lors du dernier Midicom où tu nous avais présenté les différentes facettes de ton métier de communicateur de l’aéroport de Liège, nous avions été frappés par la précision de tes informations, par ton analyse objective de la problématique aéroportuaire et environnementale, enfin par l’ouverture d’esprit dont tu faisais preuve face aux contradictions.
Vincent, laisse-moi me rappeler le dîner des quatre barbus qui refaisaient le monde à coup de non-sens, cette autre soirée, ardennaise et torride, qui déchira des vies et ton glorieux solo de saxophone lors de l’assemblée générale de l’UPMC, à la Paix-Dieu.
Et laisse-nous te pleurer « à gros bouillons » comme le Grand Jacques, toi qui savais si bien serrer tes amis dans tes grands bras !
A toi, Prince des Hautes Tours, cette mauvaise chute que tu aurais sans doute anticipée… en parlant d’elles : « Plus elles sont hautes et plus elles tombent de haut »…
Au nom de l’UPMC et en mon nom personnel, je puis assurer tes enfants et ta famille, que nous honorons ta mémoire et pensons à toi avec tristesse, respect et admiration.
Philippe Gillain
Président de l’UPMC et Ami
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